À l’ONU, la pleine conscience au service des droits humains

Le sommet a rassemblé des États membres, le personnel des Nations Unies et des intervenants autour de l’apport de la pleine conscience à la diplomatie et aux droits humains.

Cet évènement nous dit quelque chose d’important : la méditation de pleine conscience ne se cantonne plus à des cercles d’initiés. Elle entre, progressivement, dans des organisations qui travaillent avec la complexité, la violence et le trauma. Et l’ONU pose aujourd’hui les bases d’un programme de formation à la pleine conscience à son personnel, avec l’objectif de soutenir le bien-être mental et la durabilité de l’engagement.

Intervenants à la conférence “Unis et Présents" (Onu, Genève Décembre 2025)

Le vécu des professionnels sur le terrain comme point de départ

En 2015, une enquête mondiale révèle que près de la moitié du personnel onusien ayant répondu faisait face à des difficultés importantes de santé mentale. Ce chiffre, issu de la stratégie “santé mentale et bien-être” du système des Nations Unies, démontre l’envergure du mal être qui y règne.

La défense des droits humains et l’action humanitaire exposent à des récits de violence, de pertes, d’injustices, et à une complexité qui éprouvent le discernement.

Dans ce contexte, la question du bien-être mental dépasse le confort individuel. Elle devient une condition pour décider avec lucidité, coopérer sous tension et limiter l’escalade.

Autrement dit : la capacité d’une institution à servir ses missions dépend aussi de l’état de ses équipes.

Le sommet a donc répondu à une question très pragmatique : comment la pleine conscience vient soutenir l’action diplomatique et sur le terrain.

La pleine conscience pour renforcer la capacité d’agir ensemble

Pendant la conférence, une idée est revenue sous des formes diverses : la pleine conscience touche à la manière dont une équipe accueille les faits et traverse le désaccord :

  •  Quelques minutes avant une réunion changent la tournure de l’échange moins de réactivité, plus d’écoute.
  • La régulation émotionnelle soutient la décision dans un environnement complexe
  • La compassion soutient la coopération pour écouter avec respect quand les poitns de vue s’opposent.

Alors la qualité de présence devient une capacité, elle soutient des comportements professionnels observables : clarifier, prioriser, coopérer, décider, dialoguer.

Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk - message pour la Journée mondiale de la méditation

Cette approche comportementale rejoint d’ailleurs une initiative très concrète côté santé publique mise en lumière lors du sommet : l’Organisation mondiale de la Santé met à disposition un guide illustré, Faire ce qui compte en période de stress, centré sur des compétences simples (ancrage, défusion, action guidée par les valeurs) pour traverser le stress et rester capable d’agir.

Former le personnel onusien à la pleine conscience pour l’intérêt général

La place de la pleine conscience à l’ONU ne date pas d’hier et aujourd’hui l’institution en fait une priorité au vu de l’urgence de soutenir la santé mentale et le bien-être du personnel onusien.

Portée par l’Unité Bien-Être du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), l’initiative United & Present s’inscrit dans une démarche au long cours, articulant événements, ressources et programmes au service du bien-être et de la qualité d’action collective.
Dans ce cadre, le HCDH déploie un programme international de formation à la pleine conscience à destination du personnel humanitaire et des diplomates.

Ce programme comprend un parcours en ligne sur plusieurs semaines, une médiathèque de ressources et des relais internes pour soutenir la diffusion. L’objectif est de former 290 000 personnes en 5 ans.

Cette mécanique a un coût et appelle des moyens financiers dédiés.

 

C’est dans cet esprit que Nouveau Monde soutient le programme porté par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, pour contribuer à rendre la pleine conscience accessible, rigoureuse et adaptée à des environnements exigeants, au service des droits humains.

Palais Wilson, événement “Unis et Présents” : Deborah Pacheco, Gabriel Pacheco, Jon Kabat-Zinn, Volker Türk.