Ce que notre premier appel à projets nous a appris

Du 1er juillet au 23 août 2026, 608 notes d’intention nous sont parvenues. Aujourd’hui, 56 structures sont présélectionnées pour un soutien en 2027. Au-delà des chiffres, ce premier appel à projets nous a offert une photographie beaucoup plus large des acteurs qui agissent en faveur du bien-être mental. La méthode de l’appel à projets ne fait pourtant pas l’unanimité chez les philanthropes. Alors, pourquoi avons-nous fait ce choix et qu’en retenons-nous ?

La découverte de projets : principal avantage de l’appel à projets

Depuis la création de Nouveau Monde, nous sélectionnions les projets grâce à nos propres recherches, à notre réseau et au bouche-à-oreille. Une méthode qui nous maintenait, malgré nous, dans un environnement familier. Avec l’appel à projets, l’immense majorité des candidatures reçues viennent de structures dont nous n’avions jamais entendu parler. C’est le principal bénéfice que nous en tirons.

Au départ, nous envisagions de soutenir 10 projets. Face à la qualité des candidatures, nous avons finalement décidé d’en accompagner davantage.

L’appel à projets a même eu un effet inattendu : en parallèle des candidatures « Nouveau Souffle » et « Nouvelle Étoile », 24 organisations nous ont contactés au titre de « Nouvel Horizon », notre programme destiné à des projets plus structurants, pour lequel nous continuons de fonctionner sans appel à projets.

Les limites de la méthode

Si les bénéfices pour notre fonds de dotation sont réels, ils nous invitent aussi à regarder cette méthode du côté des candidats. Un appel à projets demande du temps à des structures qui en manquent souvent déjà. C’est d’ailleurs l’une des principales réserves exprimées dans le monde de la philanthropie : le risque de mobiliser beaucoup d’énergie pour un dossier soumis ensuite à une forte concurrence, pour un résultat incertain.

Nous avions cette limite en tête dès le lancement. C’est pourquoi nous avons cherché à rendre la première étape aussi simple que possible avec une note d’intention en ligne, pensée pour être remplie en moins d’une heure, sans aucune pièce jointe. Le dossier complet n’est demandé qu’en deuxième phase.

En retour, toutes les structures candidates ont reçu une réponse, accompagnée de leur note d’intention. Une manière de leur permettre d’en garder une trace et, nous l’espérons, d’en faire une base de travail réutilisable.

Des projets divers, partout en France

En janvier dernier, nous avions choisi d’élargir les pratiques soutenues au-delà de la pleine conscience. Cet appel à projets le confirme : sur le terrain, la diversité des approches préventives auprès de nos trois publics cibles existe déjà bel et bien.

Certains projets proposent des cercles de parole, des ateliers de création artistique ou des pratiques psychocorporelles, autour du mouvement et du souffle. D’autres favorisent un usage plus apaisé du numérique, ou recréent simplement du lien. Autant de manières de prévenir le mal-être avant qu’il ne prenne trop de place.

La géographie dit la même chose. Les candidatures viennent de plus de 80 départements, Outre-mer compris, et deux projets sur trois sont portés hors d’Île-de-France. Les structures sont parfois jeunes, parfois bien ancrées : la moitié des associations candidates existent depuis au moins douze ans. Les budgets varient tout autant : un tiers des projets disposent de moins de 100 000 euros par an, quand trois sur dix dépassent le million.

Un foisonnement d’idées freiné par un manque de moyens

À elles seules, les candidatures éligibles représentent près de 11 millions d’euros de demandes de financement. Pour un dossier sur deux, le soutien demandé à Nouveau Monde couvre plus de la moitié du budget du projet. Et 55 % des projets attendent encore leur premier financeur pour pouvoir démarrer.

Ces chiffres disent l’écart entre les besoins qui remontent du terrain et les moyens disponibles pour y répondre. Alors, si vous financez déjà des actions de prévention en matière de bien-être mental, si vous souhaitez vous engager sur ce terrain ou simplement découvrir les initiatives identifiées, parlons-nous.

Un accompagnement dans la durée

Notre soutien ne s’arrête pas au financement. Nous cherchons toujours à renforcer les outils de développement des structures que nous accompagnons et les liens entre elles.

Les lauréats rejoindront une communauté qui se retrouve chaque année. Ils pourront suivre des formations collectives, participer à des cycles de codéveloppement entre pairs ou solliciter un appui ponctuel.

Pour les autres candidats, nous réfléchissons à la manière de permettre à celles et ceux qui œuvrent dans la même direction de se connaître, qu’ils soient soutenus par Nouveau Monde ou non. Plusieurs pistes nous ont été soufflées : des promotions qui se forment ensemble, des rencontres par territoire, un annuaire organisé par public plutôt que par région…

La forme de cette communauté élargie reste à imaginer. Une conviction nous porte : c’est ensemble que nous irons le plus loin pour le bien-être mental.

La suite de l’appel à projets

Les 56 structures présélectionnées complètent désormais leur dossier. Jusqu’à 25 d’entre elles seront invitées à un échange en visioconférence en novembre, avant la sélection des lauréats en décembre et leur annonce en janvier 2027.